C'est sous forme de trio instrumental, sans batteur, que Charles, Éric et Michel offrent leur première performance en spectacle. Nous sommes au printemps 1988 et les trois « The l'air innocent » montent la chanson du même nom, composée par Charles, et l'interprètent au Centre Culturel de Rivière-Du-Loup lors du gala de fin d'année clôturant leur 4ème année au secondaire. C'était le tout début d'une histoire qui continue encore aujourd'hui, 16 ans plus tard.
De la fin de 1988 au début de 1989, accompagnés de leur premier batteur, André Malenfant, et renommés « Throne », le groupe Louperivois toujours menés par Charles, composent une dizaine de chansons et apprennent quelques interprétations en anglais. Ils ne maîtrisent pas très bien la langue de Shakespeare, mais réussissent à s'amuser quand même. Pendant cette période, Charles commence à chanter tout en gardant le rôle de guitariste principal. Les gars cherchent quand même brièvement un chanteur et feront quelques essais infructueux avec Daniel Gagné, le frère d'Éric.
C'est au printemps de 1989 que le groupe présente son premier vrai spectacle à la Maison de la Culture de Rivière-Du-Loup devant environ 200 fans et amis.
Un vidéo et un enregistrement amateur en ressort : « World Sorcery Tour »... Les influences étaient évidentes et l'innocence était au rendez-vous. C'est pendant cette soirée, quand même importante pour le groupe, que deux de ses membres ont appris à la dure : Michel a cassé deux cordes de basse (mi-la), et il n'avait pas de cordes de rechange. Il a dû aller chez lui en chercher pendant que Charles et Éric tentaient tant bien que mal de garder l'attention du public. L'entracte en fut devancé, mais tout juste avant, Éric a eu le temps de performer son premier solo de guitare à vie. Une pièce d'anthologie de la fausse note où Éric a appris que même le solo de guitare de « When the Children Cry » de White Lion doit être pratiqué assidûment avant d'être joué devant public.
Charles quitte ensuite pour le cégep d'Alma à l'automne de 1989, et est rejoint par Éric et Michel en janvier 1990. Les trois larrons débutent leur formation en musique dans cet établissement collégial du Lac Saint-Jean. Ils reverront à l'occasion André Malenfant pour quelques spectacles dans leur ville natale, mais les liens musicaux les unissant à leur premier batteur s'estompent en raison de la distance et de leurs objectifs respectifs.
C'est pendant l'automne de 1991 que Jean-François Guignard, de Baie-Comeau, se joint à Charles, Éric et Michel. Nouvel étudiant en batterie au Cégep d'Alma, Guignard amène une nouvelle fougue contagieuse avec lui. Toujours aussi inexpérimentés, mais de plus en plus conscients, les gars (Charles) prennent comme décision de poursuivre leur projet en français. Ils sont maintenant Trône.
Cette partie de l'aventure atteint son summum au printemps de 1992, alors que Trône représente le cégep d'Alma aux finales régionales de Cégeps en Spectacles à Rivière-Du-Loup. Ils y présentent la chanson « Fieffé menteur », introduite par une citation théâtrale de Éric : La Chevalière du 7ème commandement. Les influences de la vierge de fer sont encore très présentes.
Leur DEC en musique terminé (Charles en chant et en guitare, Éric en guitare et Michel en basse électrique), les trois amis font leur arrivée à Montréal à l'été 1992. Jean-François Guignard ne les suit pas et ils sont contraints à la presque totale inaction pendant environ un an.
C'est réellement à l'automne de 1993 que Dilemme trouve son nom. Charles, Éric et Michel s'associe alors à une connaissance du cégep, un ex-membre du groupe « Éruption » d'Alma (Finalistes de l'édition 1992 de l'Empire des Futures Stars), le batteur Denis Girard. Le groupe commence petit à petit à se trouver une identité.
Le point culminant de cette partie de leur courte histoire arrive en hiver 1994, alors que Dilemme tourne son premier vidéoclip. Réalisé par Alain Vézina, un autre louperivois, pour un projet de maîtrise à l'Université de Montréal, le vidéo d'« Argile » est tourné dans le Bas du Fleuve avec une équipe d'amis et de professionnels. Filmé en partie sous la neige pour la trame dramatique et en partie à l'intérieur pour les scènes de groupe, le vidéo et la chanson traitent en images de la fragilité émotive.
Quelques mois plus tard, vers la fin de l'été de 1994, Denis Girard choisit de réorienter sa carrière et le projet « Dilemme » est de retour sur la glace.
Charles, Éric et Michel composent et arrangent tranquillement quelques chansons inoffensives et cherchent un nouveau batteur.
La chance arrive et le destin fait son ½uvre à l'automne de 1995 : Steve St-Pierre, originaire de Rivière-Bleue dans le Bas du Fleuve, et ami éloigné des trois membres originaux, joint officiellement les rangs. Fraîchement débarqué du cégep d'Alma, où il vient de compléter son DEC en batterie et en percussion, et tout en poursuivant ses études en batterie à l'UQAM, Steve vient compléter la formation qui demeure telle quelle à ce jour.
Le premier spectacle à vie du groupe Dilemme sous sa forme actuelle est présenté sur la terrasse extérieure du (défunt) Bar Les Retrouvailles de la rue Saint-Denis à Montréal, le samedi 1er juin 1996. La soirée se culmine par une performance quasi-acoustique du groupe: La police, étant sur place suite à certaines plaintes de voisins, forçant les musiciens à baisser leur volume pour plaire au sonomètre.
C'est en 1998 que Dilemme enregistre sont premier vrai démo de quatre pièces : Chansons Lourdes. Enregistré au studio Plante Verte sous la direction d'Isabelle Lachance et les judicieux conseils de Claude Paré, le disque sera vendu aux parents et amis et servira en promotion pour certains médias et contacts. La pièce «Je t'aime» en ressort comme le morceau le plus fort et le plus en demande, même aujourd'hui.
Le groupe continue par la suite de se produire en spectacle, de travailler sur quelques nouvelles chansons, et de participer à différents concours et événements tels Les Francouvertes (novembre 1998), le Cabaret Kerozen #16 (mars 1999), le Polliwog (octobre et novembre 1999) et les Franc'Offolies (août 2000).
L'année 2001 demeure une année charnière dans la carrière du groupe. Sur le point d'entrer en studio pour enregistrer leur premier album complet, Dilemme s'associe aux Productions Artistiques Saphir, Christian Brown et Anne Marie Plamondon, qui prenne en charge la gérance du groupe.
L'album en question se réalise au début 2001 avec Martin Ferland à la console au studio Victor de Montréal. Onze chansons se retrouvent sur cet album avec la participation de Leïa St-Pierre (la fille de Steve) pour l'introduction « Le spleen de la princesse », de André Daneau à l'harmonica sur « La mélodie du bonheur », de Gaëlle Vincent au chant et des Fafijo Horns (Marie-Josée Frigon et Jean-François Gagnon, alors de Venus 3) sur l'extrait « Par-dessus tout ».
Le lancement de cet album, qui sera placé en magasin par Local Distribution, se tient à l'Alizé de Montréal, le mardi 8 mai 2001.
Les gars vont également présenter avec fierté leur nouveau bébé dans leur ville natale le vendredi 18 mai 2001 à la Broue Bar, qui demeurera le château-fort du rock à Rivière-du-Loup pendant quelques années.
Deux chansons tirées de cet album, Par-dessus tout et La mélodie du bonheur, feront leur chemin sur les diverses radios du Québec. Le meilleur coup arrive à la toute fin de 2001, alors que « Par-dessus tout » trône en première position du palmarès francophone de la station Cool FM de Montréal.
Cette même pièce, grâce au vidéoclip, permet à Dilemme de se taper une escapade folle aux Much Music Video Awards à l'été 2002. Le vidéo, monté totalement en animation Flash par Denis Germain, le concepteur de la première version du site internet du groupe, www.dilemme.ca, est en nomination dans la catégorie « Best French Video ».
Le parcours du groupe en spectacle se poursuit en 2001 et 2002 avec, entre autres, des présences aux Franc'Offolies (août 2001), au Coup de C½ur Francophone (novembre 2001), au Festival de Musique en Vue de Cowansville (juillet 2002), ainsi que des prestations diverses dans quelques cégeps de la province.
2003 se veut une année tranquille en public pour la formation louperivoise. Les quatre gars présentent quelques spectacles, mais s'affairent principalement à préparer le prochain album du groupe.
C'est au printemps 2004 que les gars approchent la personne qui sera le réalisateur et maître d'½uvre de leur prochain album : Jess Gagnon. Ayant déjà travaillé avec quelques artistes importants comme Gwenwed et Mes Aïeux, et étant lui-même un Jeannois d'origine (où il a étudié la guitare en même temps que Charles, Éric et Michel), Jess emmène avec lui son bagage déterminant d'expérience. Guitariste des défuntes formations Éruption (Finalistes à L'Empire des futures stars en 1992) et Sylph, Jess ajoute une approche plus «live» grâce à son travail sur les spectacles en salle à Montréal (Spectrum, Métropolis, etc.) et sur quelques festivals extérieurs importants (FIJM, Francos, etc.).
L'enregistrement débute au mois de mai pour la partie instrumentale du projet. Les voix seront complétées environ 2 mois plus tard, ce qui laisse le temps à Charles de perfectionner son approche et ses textes.
Dilemme lance son deuxième album complet, Rebelles sans cause, à la salle Ô Patro Vys le mardi 2 novembre 2004. Fidèles à leurs origines, ils présentent également ce deuxième opus à leurs familles et amis de Rivière-du-Loup le vendredi 19 novembre 2004, au bar le Vol de Nuit.
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